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dimanche 8 avril 2018

قصر الجعفرية·· من عرش الحكم الأندلسي إلى مقر لمحاكم التفتيش

09:10:00

قصر الجعفرية - قصر السرور - سرقسطه

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لشدّة إعجاب ملوك آراغون بهذا القصر الذي استولوا عليه بعد سقوط سرقسطة، وبشكل خاصّ بيدرو دي آراغون الذي أحبّ أن يكون قصره في هذا القصر، فأقاموا عليه التحويرات وبنوا قاعة احتفالاتهم فوق قاعة احتفالات المسلمين كدلالة على الانتصار والتفوق، وكما حدث في غرناطة وقرطبة وغيرها، راحوا يلصقون رموز وشعارات مملكاتهم والصلبان على السقوف وأعالي الجدران، إضافة إلى تطريزات قوطية ورومانية وكنائسية وتحويل المحراب إلى مطبخ.
ومما يدعو للتأمل مفارقة أن يخطوا أسماء زوجاتهم وتواريخ زواجهم، وشعارات دعاية سياسية لحكمهم، وسيوف، ودروع، ورماح، وصورًا لهم ولانتصاراتهم، وعبارات تشير إلى قوتهم وملكيتهم الأبدية التي لا تزول وتحويل الغرف الجانبية إلى زنزانات للتعذيب، فبينما يذكر الحاكم المسلم نفسه بالتواضع والفناء وأن هذا (الملك لله) يفعل الآخر العكس.
وفي أواخر القرن الثامن عشر الميلادي تم تحويل القصر بحكم تحصيناته العسكرية إلى مقر للجيوش ولمحاكم التفتيش وسجن لمعارضي الحكومات المتلاحقة على امتداد ثلاثة قرون، حيث مازالت آثار السجناء باقية من عبارات عذاب، وذكريات، وحساب للأيام، وأسماء حبيباتهم، وخربشات خطّوها بأظافرهم.
ثم أُهمل القصر وظل في تصّور الناس على أنَه مجرد قلعة عسكرية قديمة، إلى أن صدر القرار بإعادة ترميمه وصيانته في أواسط الثمانينات من القرن العشرين؛ حيث تم العمل فيه بجدية وأمانة استطاعتا أن تجعلا منه الآن معلمًا مثيرًا للدهشة والتأمل، وهو يجمع في تكوينه الحالي آثار مراحل وقرون عديدة منها الإسلامي الأندلسي؛ ثم الملوكي الأراغوني؛ والعصر الوسيط؛ وأضيف إليه ركن حديث تابع لبلدية آراغون؛ فأصبح رمزًا وسجلاً لتلاحق وتوارث العصور وأرشيفًا لحضارات متعاقبة.

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dimanche 1 avril 2018

Cours 3. Concevoir un projet d'architecture - Initiation à la conception

15:12:00
Université Hadj Lakhder - Batna
Institut de génie civil, hydraulique et d'architecture
Département d'architecture
Master I
Semestre II
Module : La théorie du projet
Date: 12/05/2014

Concevoir un projet d'architecture

Initiation à la conception

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La programmation architecturale

William pena offre une illustration particulièrement claire de cette transposition de la théorie de la connaissance empirique à l’architecture dans un ouvrage célèbre et largement diffusé aux Etats-Unis qui constitue une somme élaborée au terme d’une vingtaine d’années de pratique de la programmation dans un grand cabinet d’architecture. Il définie la méthode scientifique dans les termes suivants : elle consiste en principes et procédures utilisés dans la poursuite systématique du savoir accessible à la communication intersubjective imposant les conditions nécessaires suivantes :
  • La reconnaissance et la formulation d’un problème ;
  • Le rassemblement d’information par l’observation et éventuellement par l’expérience ;
  • La formulation d’hypothèses ;
  • La mise à l’épreuve de la confirmation de l’hypothèse formulée ;
La démarche traditionnelle de résolution des problèmes d’architecture telle qu’il la conçoit suit un cheminement parallèle :
  • La définition du problème ;
  • Etablissement des objectifs ;
  • Rassemblement des informations ;
  • Analyse du problème ;
  • Examen des solutions ;
  • Résolution du problème : établissement du projet.
Les premières étapes de ce processus ont pour objectifs d’aboutir à un problème correctement formulé et les dernières à la résolution du problème. En matière d’architecture, il est apparu souhaitable de bien distinguer entre ces deux phases et de les analyser plus finement chacune.

a) La programmation :

Appelons Programmation la phase de clarification de l’énoncé du problème et Elaboration du projet la recherche aboutissant à une solution du problème. Il est bien clair qu’elles sont distinctes et que la programmation du projet précède son élaboration.
La programmation peut-être conduite selon un schéma adapté à celui qui a été évoqué plus haut afin de tenir compte de l’importance d’une clarification des besoins à satisfaire. Elle consistera très schématiquement en cinq phases :
  • Définir les objectifs ;
  • Rassembler et analyser les données ;
  • Mettre au jour et tester des concepts ;
  • Déterminer les besoins ;
  • Enoncer le problème.
La programmation constitue donc une phase d’analyse. L’ordre des étapes dans cette analyse n’est pas nécessairement rigide comme se serait le cas pour un algorithme mais l’énoncé du problème constitue nécessairement la dernière étape.
Cette analyse, quand il s’agit d’un problème d’architecture, doit prendre en chaque phase les quatre domaines distincts suivants en considération : les fonctions, les formes, l’économie et la durée.
Les objectifs sont destinés à permettre à l’architecte de savoir ce que veut réaliser le client et pourquoi il le veut. Les objectifs doivent être cohérents avec les concepts ; en effet, les objectifs sont des finalités et les concepts des moyens pour les atteindre. Les concepts ne sont pas bien entendu que des idées mais au niveau de la programmation, se sont des idées relatives à des solutions en termes fonctionnels ou en termes d’organisation répondant aux préoccupations du client.
L’analyse des données relatives au contexte économique, physique et à l’environnement du projet est une nécessité élémentaire mais il faut prendre garde à ne pas les laisser envahir par des données inutiles et s’attacher à n’utiliser que l’information directement utile pour la confrontation des objectifs et des concepts et en vérifier la justesse ou la vraisemblance.
Douze concepts de programmation semblent susceptibles de se présenter dans un grand nombre de projets :
  • Le groupement des services ou leur éclatement ;
  • Le groupement des personnes ou leur dispersion ;
  • L’interaction spatiale ou la ségrégation des activités ;
  • La priorité ;
  • Le réseau de relation entre les espaces ;
  • Les contrôles de sécurité ;
  • La flexibilité du bâti sous les trois espèces de : la capacité d’agrandissement, la possibilité de transformation interne, et la plurifonctionnalité ;
  • Les chemins suivit par des flux séquentiels ;
  • La ségrégation des flux ;
  • La rencontre des flux différents ;
  • La capacité d’orientation ;
  • Les économies d’énergie.
Comment conduire cette phase de programmation? William Pena la voit comme une phase de clarification de la demande destinée à permettre à l’architecte d’aider le client à expliquer sa demande en lui faisant approfondir ses raisons(les besoins et les objectifs) et ses implications en termes de concepts de programmation. Il est donc nécessaire que le client soit le plus possible impliqué dans les choix successifs qui se présentent sur l’arbre de décision.

b) La conduite de l’opération :

On peut décomposer la conduite d’une opération en un certain nombre de phases successives :
  • La Programmation (P) ;
  • L’Elaboration Schématique du Projet (ESP) ;
  • L’Elaboration Finale du Projet (EFP) ;
  • Les Détail d’Exécution (DE) ;
  • La Construction (C).
Conduite de l’opération
Conception
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Cours 2. Concevoir un projet d'architecture - Initiation à la conception

15:11:00
Université Hadj Lakhder - Batna
Institut de génie civil, hydraulique et d'architecture
Département d'architecture
Master I
Semestre II
Module : La théorie du projet
Date: 05/05/2014

Concevoir un projet d'architecture

Initiation à la conception

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La conception au carrefour des arts et des sciences :

Même s’il est vrai que la question de l’invention et celle du passage de l’analyse d’une situation, en s’appuyant sur des idées connues, à une reformulation nouvelle et synthétique se posent également aux chercheurs scientifiques, aux inventeurs, aux créateurs de mode, aux architectes et aux artistes, est-il permis pour autant de faire comme si le processus d’invention à l’œuvre étaient justiciables d’une même analyse ? Ne serait-il pas plus prudent de faire l’hypothèse opposée, quitte à découvrir, après avoir étudié séparément chacun de ces processus, qu’ils partagent un certain nombre de traits communs ?
La conception architecturale est considérée comme un processus de la création qui émane d’une espèce de « boîte noire » que chaque concepteur construit à sa manière pour façonner le projet, et à force de forger comme dit l’adage on devient forgeron, c’est-à-dire qu’on acquiert une ou plusieurs démarches personnelles.
L’objectif de tous concepteurs dans la pratique architecturale, c’est le projet. Dans l’enseignement, c’est le processus qui y conduit : la mise en forme architecturale. Processus combien important pour l’enseignement, l’élève et l’architecte de carrière ; pourtant des tentatives très timides ont vu le jour. On reste toujours avide de connaissance dans ce domaine.
Produire une architecture, signifie, offrir une démarche compréhensible à tous à l’aide d’un langage pictural (le dessin) et d’un langage verbal (signification de l’œuvre, le sens que véhiculent les outils utilisés, leurs relations et le discours qui en ressort).
C’est un métier qui exige des connaissances et de la compréhension sur tout un éventail des secteurs scientifiques (mathématiques, géométriques, physiques, chimiques, sciences humaines et sociales, psychologiques,…toutes filières matérielles ou immatérielles). Qui sont l’essence même de l’architecture.
L’architecture n’est pas une opération mathématique où l’enseignant et l’élève sont d’accord ; elle est aussi réflexion qui semble parfois à priori contradictoire quand elle est mise à débat, mais vite dissipé quand on observe par la fenêtre du comportement humain.
L’architecture est la seule discipline qui ne repose pas sur des bases scientifiques, tantôt dans les beaux arts, tantôt dans un autre domaine ; elle se retrouve comme un pion à la main qui n’a pas sa place dans l’échiquier.
Le dessin pour l’architecte est le verbe pour l’écrivain, chaque trait est une brique, une somme de briques. Elle (la brique) est la mosquée bleue, la tour de pise, une pyramide, une cathédrale. Chaque brique est une mutation sociale, une mutation psychologique, une mythologie. La nature est un don de Dieu que l’homme transforme et exploite et comme dit Hamlet « le reste est le silence ». C’est-à-dire quand l’œuvre est finie, la sublimation avorte et tue les mots. C’est l’œuvre qui raconte son histoire.
L’époque classique tant chérie est révolue, l’architecture de nos jours échappe à tout traité, des tendances s’installent hors des styles de l’époque ancienne. L’académisme est déjà le passé.
Aldo Van Eyck résuma les préoccupations de la conception, c’est-à-dire de l’élément jusqu’à la relation et de l’ensemble en tant qu’unité jusqu’à la particule qui compose le tout. Il a dit : Le monde d’une maison-toi dedans, moi dehors, ou l’inverse. Comprends-tu ce que je veux dire ? Deux mondes qui s’entrechoquent sans transition. L’individu d’un coté et la collectivité de l’autre. Terrible ! Entre ces deux mondes la société crée en général un certain nombre de barrières, mais les architectes sont pour leurs parts si pauvres d’esprit, en créant des portes de 5cm d’épaisseur et de 2m de hauteur ! Est-ce là la réalité d’une porte ?
La plus grande réalité d’une porte est peut-être la localisation d’un geste humain merveilleux : venir et aller consciemment. La signification plus profonde d’une porte est quelque chose qui incluse le venir et l’aller qui sont des expériences vitales. Une porte est un lieu crée pour un événement. Une porte est un lieu crée pour une action qui se répète de milliers de fois au cours d’une vie humaine entre le premier venir et le dernier aller.
Quelle est la réalité d’une fenêtre ? On vous laisse le soin de répondre !
Van Eyck parlait d’un élément parmi des milliers qui composent l’architecture :
  • Le menuisier la voit d’un œil plutôt proportions, de forme et de matière.
  • Le propriétaire la voit comme le seuil d’une propriété, son chez soi, le seuil de son intimité, sa sécurité.
  • Van Eyck ou l’architecte, rassemble toutes ces préoccupations et en fait un « événement » au sens large du terme, un symbole, un concept qui véhicule une mémoire.
Prenant un autre exemple, une « meida » (petite table arabe) et la table occidentale. Au début on ne voit qu’une différence de proportions, car l’objectif étant le même : prendre un repas.
Ce n’est pas aussi simple que ça.
Ces proportions sont peut-être dues au climat (chaud/froid)
La table :
On s’élève du sol vers l’air chaud dans les pays du Nord, où le climat est relativement froid.
La meida :
On reste au contact du sol, dans la fraîcheur, dans les pays arabes, où le climat est relativement chaud.
Mais les conséquences de ces proportions :
La table : chacun mange seul (approche individualiste)
La meida : on mange ensemble dans le même plat (approche communautaire)
La table est une IDENTITE.
La meida est une IDENTITE
MEIDA+TABLE= une double personnalité.
Comme l’architecture dans ses rapports intrinsèques est l’aboutissement à une « forme », nous avons jugé d’introduire dans les premiers cours, une première préoccupation : qu’est ce qui sert de prémisses à la naissance des principes de la composition.
La partie des cours qui suivent, mettra en lumière les différentes grandes démarches et élucidera les objectifs d’un plan, d’une coupe et d’une façade.

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Cours 1. Concevoir un projet d'architecture - Initiation à la conception

15:10:00
Université Hadj Lakhder - Batna
Institut de génie civil, hydraulique et d'architecture
Département d'architecture
Master I
Semestre II
Module : La théorie du projet
Date : 28/04/2014

Concevoir un projet d'architecture

Initiation à la conception

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Introduction :

De nombreux textes à visée cognitive ou normative traitent de la conception architecturale.
L’objet de ces études n’en est pas pour autant clairement défini. En effet, qu’entend-on par conception architecturale ?
On peut désigner par l’activité professionnelle des architectes, ou les formes de pensée propres aux architectes mises en œuvre dans le cadre de cette activité, ou bien les résultats matériels de cette activité : plans, coupes, façades, détails techniques…, ou encore certains des attributs de l’espace construit à l’aide de ces documents. Dans les situations habituelles de travail dans le domaine de la construction, les glissements entre ces différents sens sont tout à fait courants dans la conversation. Aussi cela nous invite-t-il à procéder avec prudence avant de délimiter l’objet de la recherche, le risque d’une définition arbitraire qui ignorerait toute une partie de la pratique que l’on veut étudier étant tout à fait évident. Cela nous conduira à examiner plusieurs modélisations du processus de conception architecturale qui ont été proposées et utilisées.
Mais attention !
Malgré que l’architecture et les architectes ont tout à gagner à un développement des recherches qui reconnaîtraient la spécificité de leurs modes de pensée et la valeur du patrimoine culturel qu’il représente mais l’enjeu dépasse largement leur intérêt direct.
Le succès formidable engendré par le développement de machines de traitement des systèmes de signes (l’outil informatique), menace de produire des simulacres de toutes les formes de la pensée. Leur efficacité dans des domaines réductibles à une pensée systémique risque de faire disparaître des formes culturelles vivantes articulant la pensée discursive (logique) et des formes de la pensée non discursive transmises et modifiées de génération en génération depuis des siècles.
Avant d’entamer la conception architecturale d’un projet, nous allons essayer de définir la notion de conception et voir ce qui dans le cerveau humain, participe à cette élaboration quelle qu’elle soit.
Si un être veut connaitre un phénomène visible, il aura recours à ses yeux ; On s’entend, on se touche, on se sent, c’est-à-dire une donnée des sens : directement ou indirectement, c’est par le sens qu’il observe.
Au contraire, on ne peut observer par les sens un phénomène psychologique. D’une façon générale, ne la connaît par aucun sens. « Cette joie m’est révélée par une sorte de sens intérieur qui est là ».
Mais la conscience se tient à la surface des choses ; tout repose sue elle, mais reste insuffisant à la création.
L‘intelligence, élément « fabricateur » a besoin de la perception pour pouvoir définir et nourrir l’intuition créatrice. Débute la formation de concepts. L’imagination, génératrice d’images, fera évoluer le monde des idées. L’observation extérieure et intérieure exige un recours à la conscience, comme à un dictionnaire qui permettra de traduire les signes et les images.
Pour une représentation réelle, il faut d’une part la socialisation de l’objet et un langage commun. Le raisonnement débute.
Un schéma général nous permettra de mieux saisir cette complexité.
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L’objet architectural est aussi :
Une idée(s)
Conception architecturale :
  • espaces fonctionnels ;
  • formes (structures, matériaux) ;
  • lumières et ombres ;
  • sciences humaines (socioculturels, psycho…) ;
  • acte politique, économique, (….) ;
  • artistiques (symbolique,
  • autres.
Perception architecturale
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Cour hca. L'architecture, de l'antiquité au XXI siècle

15:09:00
Université Hadj Lakhdar, Batna
Département d'architecture
Cour Histoire Critique d'Architecture
Mme CHAOUCHE Meriama
Avril 2003

L’ARCHITECTURE, DE L’ ANTIQUITE AU XXI SIECLE

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L’antiquité - 2900 à 540

Depuis l’antiquité, construire est un acte social fondamental et l’architecture est considérée comme la « mère » des beaux-arts où la peinture et la sculpture se sont initialement développés en relation avec les édifices ( peinture rupestres, murales et frises).
La construction doit répondre d’abord au besoin de sécurité de l’Homme. Le bâtiment est un abri contre les intempéries et les animaux sauvages, partout où l’homme vit, on trouve des tentes, des huttes et des maisons. C’est avec l’architecture qu’il a modifié l’espace extérieur et donc il s’est séparé de son environnement.
Plusieurs questions se posent; qui fait construire, qui réalise, pour qui et dans quel but, sous quelle forme et avec quels matériaux ?
Qu’ils s’agissent ou non d’édifices de prestige, destinées à impressionner par leur taille, leur style et leur décoration, tous les bâtiments traduisent l’esprit de leur temps, celui de son architecture, ils révèlent le goût et les ambitions des classes dirigeantes d’une société. Et ce n’est pas un hasard si l’histoire de l’architecture est profondément marquée, à ses débuts, par les édifices sacrés tels que ; mausolée, tombeau, temple, église, mosquée…
Car la religion et la mort ont répondu, toutes les deux, à certain des besoins fondamentaux de l’homme. L’une parce qu’elle a donné un sens supérieur à l’existence en expliquant l’inconcevable et en justifiant l’insupportable. L’autre, en apportant un réconfort en évoquant la perspective d’une vie dans l’au-delà, d’une incarnation ou d’une résurrection.

Hittite et Mésopotamie :

Cela remonte à 6500 Av. JC, date présumée de la fondation de Jéricho, ainsi que les cité temples construites par les Sumériens, les Akkadiens, les Babyloniens et les assyriens ( Ur, Uruk sur l’Euphrate) qui ont crée de véritables paradis terrestres (succession de cours, jardins et belvédères) où la nature a été domestiquée.

Architecture égyptienne 2900- 700 Av J.C

Parallèlement aux demeures de l’homme, on créa donc pour les divinités des demeures à leur mesure, plus durables et plus somptueuses que celles des mortels.
C’est pour cela qu’il ne reste presque rien des habitations de l’Egypte antique, les seuls vestiges qui subsistent sont les tombeaux des Pharaons, également destinés au culte. Il s’agit des Pyramides (3000 ans Av J.C), symbole de la place accordée au culte des défunts. Les Dieux et le Nil influencent l’architecture et l’urbanisme dont la symétrie par rapport à un axe, régularité et harmonie étaient leurs principales caractéristiques.

Architecture grecque

La Grèce classique Hellénistique commença en 2000Av. JC avec une architecture unifiée dont les vestiges représentatifs sont les temples, conçus comme de véritables habitations d’un ordre dorique (très proche de la colonne égyptienne) et les théâtres qui servaient également pour les rites sacrés.
Le temple dorique est l’expression la plus achevée de l’idéal architectural grec basé sur l’harmonie globale et les proportions des éléments architectoniques. En urbanisme, ils ont développé le principe de la régularité et de la libre croissance d’Hippodamos de Milet en 510 Av. JC (système hippodamique).
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Architecture romaine

Les romains subirent l’influence des Grecs par les Etrusques du Nord de l’Italie, venus de l’Asie Mineure, qui réunirent sept villages en une bourgade qu’ils ont appelé Rome en 750 Av JC.
Grâce à leur connaissance de la technique, ils ont opté pour le gigantisme en imposant l’ordre corinthien. De même qu’ils ont inventé l’ordre toscane et composite.
Ce dernier est le résultat du corinthien resplendissant de volutes. L’architecture romaine se caractérise par les colonnes qui flanquent les façades (souci purement décoratif), les corniches coudées ainsi que l’emploi des voûtes et des coupoles rendu possible par l’invention du béton.
Les réalisations architecturales romaines sont essentiellement utilitaires (aqueducs, thermes, basiliques, théâtres, cirques, amphithéâtres, ponts et fortifications), et de prestige (forum, arc de triomphe, palais, tombeau) et bien sur les temples.
Ce n’est qu’en l’an 391 que le Christianisme devient religion de l’Etat et l’église eut besoin d’édifices à la mesure de sa nouvelle position, non seulement pour marquer sa puissance, mais aussi parce que les anciens temples païens étaient trop exigus pour rassembler ses fidèles lors des prières collectives. C’est avec l’architecture byzantine, en l’exemple de l’église Sainte-Sophie (XIème siècle) que s’affirme l’art paléochrétien. S’inspirant largement des grecs, les romains produisent un urbanisme d’ordre et de majesté.
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Architecture musulmane 622 à 1600

Vers 570, l’empire byzantin fut menacé par la nouvelle religion « l’Islam » qui bâtit un empire s’étendant de l’Espagne à l’Indus. Au début, les musulmans n’avaient pas une tradition architecturale, ils n’ont fait que convertir les édifices existants en mosquées, sinon ils reprirent les formes de l’antiquité tardives et les débuts du christianisme, des formes persanes, Sassanides et Indiennes pour créer une architecture qui dispose de sa propre logique et puise ses références dans sa propre pensée et s’imprègne de sa propre réalité (le Coran et la Sunna).
De la Coupole du Rocher, fondée par Abdelmalek Bou Marouane en 692 à Jérusalem, symbole commun au judaïsme, au chrétien et à l’islam, à la grande mosquée de Damas, à la grande mosquée de Cordoue…L’architecture musulmane s’affirme par son originalité et son esthétique.
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Typologie des minarets dans l'architecture musulmane

Architecture Romane de 750 à 1250

Après le désordre dû à la chute de l’empire romain, c’est l’église qui prend en charge la relève en construisant des monastères, des églises et des châteaux forts.
Issu de peuples germaniques (barbares), ce mouvement s’est appelé carolingien (France) et ottonien (Allemagne).
C’est sous Charlemagne, et pour rivaliser avec Byzance en Orient que les constructions forteresses monumentales en pierre font leur apparition, une impression de lourdeur accentuée souligne leur aspect. Réduction des ouvertures, décors sans relief ni couleur, arcades aveugles, chapiteaux cubiques, voûtes en berceau ou d’arrête et arcades sur piliers, sont les principales caractéristiques de cette architecture qui s’est développée aussi en Scandinavie et en Italie.

Architecture gotique de 1130 à 1500

L’édifice emblématique de l’architecture gothique est la cathédrale qui incarne les idées, les vues politiques et théologiques de toute une société. On ajouta des ailes plus spacieuses à l’église. On utilisa la voûte ogivale à nervures brisées, l’arc en ogive, pilier de section ronde ou carrée qui furent dotés de colonnettes ou demicolonne, arcades, galeries, triforium, fenêtres hautes, voûtes sexpartites, arcs boutant étagés qui transmettent les charges aux puissants contreforts de taille massive, la rosace en vitraux pour les fenêtres souvent représentant les scènes religieuses de la bible « Bible des pauvres » (destinée à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter une bible), et les pinacles dressés vers le ciel, telles sont les principales caractéristiques de cette époque. Le Corbusier a qualifié les cathédrales gotiques de « Gratte-ciel de Dieu ».
Gothique anglais, français, allemand...alors que l’Italie se différencie par l’horizontalité de ses édifices qui ont constitué les prémices de la Renaissance.
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La Renaissance de 1420 à 1620

Si le gothique aspire à surmonter la misère de l’existence terrestre au Moyen Age, avec la renaissance on chercha à atteindre la beauté et l’harmonie en ce monde avec le rationalisme, la démocratie, la science et la technique.
Le Moyen Age céda donc la place aux temps modernes. Un retour aux sources de l’antiquité et de la civilisation gréco-romaine était inévitable. On s’intéressera à tout ce qui a une relation avec cette période ; art langage, science…notamment avec la seule source littéraire et théorique sur l’architecture antique. Il s’agit des dix livres du traité d’architecture par l’ingénieur militaire romain Vitruve (rédigé vers 25 Av JC). La renaissance désigne le renouveau d’un style pour la première fois à Florence en Italie avec la coupole du dôme de Florence (1420) en réalisant avant tout une maquette (tradition qui se perpétua pour les projets importants). Aussi, pour la première fois l’habitat devint un thème d’architecture, où les riches italiens réclamaient de riches et somptueuses demeures.
  • La symétrie
  • Superposition de pilastre dorique, ionique et corinthien en général en trois étages de hauteur décroissante séparés par des corniches en doubleau
  • Doubles fenêtres en plein cintre le tout couronné de corniche imposante (fenêtres géminées)
  • Fronton couronné d’obélisque ou flanqué de volutes
  • Pilastres et balustrades
Telles sont les caractéristiques de cette période. En Angleterre, l’œuvre d’Andrea Palladio allait jouer un rôle fondamental dans l’évolution du néo-classicisme jusqu’à ce qu’on le qualifie de « palladien ».
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Le baroque et le Rocaille 1600- 1780

C’est la renaissance qui a enfanté le baroque. Le terme baroque est d’origine portugaise « borroco » qui désigne une perle de forme irrégulière. Il est employé pour qualifier un style bizarre et de mauvais goût qui s’éloigne du classique parce qu’on le trouve excessif, exubérant ou surchargé. Partout on essayait d’estomper la clarté des contours, d’ajouter des éléments architectoniques aux murs, décorer de formes mouvementées et élancées, on maquillait les façades en tous sens, on couronnait portes et fenêtres de frontons triangulaires ou en arc de cercle souvent brisé. Les corniches, souvent rompues au niveau de la toiture par les couronnements de fenêtres étaient extrêmement gradués, on retrouve en abondance des éléments décoratifs comme les guirlandes, les vases, les urnes, les volutes en S et les œilsde- bœuf. On privilégia le chapiteau composite avec l’emploi de l’ordre colossal sur deux étages et la toiture en mansardes. Le baroque est destiné à émouvoir et à impressionner avec un intérêt particulier pour les sculptures mouvementées, recherche de plans grandioses, triomphe de la ligne courbe, exubérance du décor aussi bien sculpture que peinture.
En Espagne, le baroque s’est enrichie de l’art musulman avec les arabesques et mouquarnas et a connu un développement remarquable en Amérique Latine.
Si la renaissance avait opté pour le cercle pour sa perfection et son harmonie, le baroque apte lui pour la forme ovale, forme dynamique, tendue, en équilibre instable que l’on retrouve souvent dans les plans d’édifices. D’ailleurs, ce qui correspond au port de la perruque, des habits extravagants par les nobles pour se distinguer. Le château de Versailles, Place Saint-Pierre de Rome (1665) en sont des exemples.
Alors que le Rococo dérive de rocaille qui signifie coquille, l’un des motifs typiques du style Luis XV; donc coquille, fleurs, plantes naturelles ou stylisées vont envahir les édifices.
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Le classicisme de 1750 à 1840

C’est le peuple qui incarne la nation et c’est lui qui doit exercer le pouvoir et pas le prince. Suivant cette idéologie, les philosophes Montesquieu et J.J Rousseau développèrent la notion d’Etat populaire donc la démocratie pour laquelle la révolution française de 1789 s’est combattue.
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L’architecture se libera-t-elle ainsi de toute servitude à l’égard de la religion et de monarques féodaux. Claude –Nicolas LEDOUX propose la ville idéale de Chaux, qui devrait répondre à tous les besoins, matériels et esthétiques d’une ville. On assiste donc au retour aux principes de l’architecture classique avec:

  • Clarté
  • Prédominance de l’orthogonalité et de la linéarité
  • Superposition et juxtaposition franche des éléments
  • Décors simples
  • Symétrie
  • Colonnes retrouvant la fonction constructive
  • Sobriété des ordres, dorique et ionique (rejet du corinthien et du composite jugé trop somptueux)
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C’est dans ce style que Thomas JEFFERSON réalisa le capitole à Washington (USA) en 1793, ainsi que des musées, des bibliothèques, des théâtres.
La connaissance doit supplanter la croyance, l’ère des « temples » du savoir, de l’art, de la culture succède à celle des temples de la foi. Banques, écoles, universités, bourses, édifices gouvernementaux et administratifs sont construits dans le style emprunté à l’antiquité.
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Les utopies sociales:

La révolution industrielle (1750 en Angleterre) va avoir des répercutions sur la politique, le social, l’art, l’architecture et l’urbanisme.
En conséquence des problèmes engendrés par la révolution industrielle, des utopistes qui sont des réformistes, ont voulu, à travers leurs propositions, essayer de transformer la société en agissant sur l’habitat.
Ce sont, donc, quelques îlots utopiques dans une masse d’urbanisation incontrôlée qui a engendré pollution laideur et misère sociale.
Claude Nicolas LEDOUX (1776) : est le précurseur du mouvement des utopistes du 19 ème. Il a planifié la cité des salines de chaux dans laquelle il a su combiner, logement, loisirs et travail en proposant pour les ouvriers, de petites maisons reliées à une cuisine commune.
Robert OWEN (1799) : Cité New Lamark (village d’harmonie et de coopération), constituée de maisons individuelle en duplex (au lieu de l’édifice communautaire) en ayant en commun la cuisine et le réfectoire ainsi qu’une institution qui prend en charge l’éducation de l’enfant, depuis l’âge de trois ans et l’initier à la danse, musique et instruction militaire.
Charles FOURIER (1820): phalanstère « palais social » (inspiration du château de Versailles) ou (Versailles du peuple) sorte de maison commune où la propriété privée est exclue (même la cuisine est collective). C’est le précurseur du logement collectif.
Victor CONSIDERANT : est un adepte du Fouriérisme qui est devenu un mouvement.
Etienne GABET :(1847) « voyage en Icarie » en Amérique (vie collective).
Jean- Batiste- André GODIN (1859) : Familistère à Guise est un autre palais social dont le principe est de protéger l’autonomie familiale tout en gardant les services en commun. Et ceux qui ont proposé une structure urbaine à partir de 1860
Ebenezer HOWARD : Cités-jardins en 1905 en Angleterre (Lethworth et Wilwin). Combinaison des avantages de la ville et ceux de la campagne dans une organisation radioconcentrique. Pour Howard, le rôle de l’architecte n’est pas de dessiner des façades, mais de créer un cadre et des formes qui correspondent aux besoins des hommes et leur permettrent de s’épanouir : « ce qui est utile est beau ».
Camillo SITTE : (autrichien) La ville artistique (organique) en réponse aux critiques de la ville industrielle, il propose de retourner comme RUSKIN à l’architecture populaire traditionnelle, à la composition informelle. Il ne s’agit pas de copier la ville ancienne mais de s’inspirer des anciennes places, des rues tortueuses, qui créent la surprise.
Tony GARNIER développe la cité industrielle en 1917.
Soria Y MATTA : (espagnol) la ville linéaire suivant la ligne du tramway électrique (1882) dans la banlieue de Madrid.
Company town : Il instaura le système de lotissement

L’urbanisme américain : le tracé de la majorité des villes américaines est en damier ou échiquier, ce plan régulier est inspiré du plan hippodamique (hippodamos de Milet). Le cadrage des rues est uniforme et ne présente de hiérarchie que seulement à New York où la trame primaire (Avenue) est suivie de la trame secondaire (Street).
Le classicisme américain a été prôné par Thomas JEFFERSON (1743-1826). Ensuite l’innovation technique (ascenseur 1857) a permit l’essor de l’immeuble type « gratteciel » avec un maximum de hauteur et d’ouvertures.
L’URSS communiste propose les « Condensateurs sociaux » qui sont une sorte de clubs ouvriers proposant travail, logement, et loisirs dans un cadre socialiste.
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Historicisme et architecture d'ingenieurs de 1840 à 1900:

L’éclectisme historique, se manifesta clairement en Angleterre en 1840. Il a été qualifié de procédé d’emballage, en faisant du neuf avec du l’ancien. Néo - gothique, néo- classique, néo-roman, néo-mauresque, un amalgame d’éléments repris d’une ou plusieurs époques, donnant souvent naissance à des édifices qui paraissent faux et chaotiques.
Le Parlement de Londres où l’architecture du sacré est utilisée dans l’architecture du profane. Habillé en cathédrale gothique, il est mi-classique et migotique.
L’opéra de Paris par Charles GARNIER en 1874, celle-ci présente un cas miclassique et mi-baroque.
Les néo-styles font leur apparition avec des emprunts appartenant aux pays colonisés ; grec, assyrien, chinois, indou et musulman. Et cela dans un souci d’alignement marqué surtout par les percés haussmanniennes.
Le Paris Haussmannien de 1853 à 1882 : Paris présente, après l’intervention du baron Haussmann, un modèle de ville bourgeoise au service du capitalisme. Une véritable chirurgie sur le tissu médiéval s’est opérée au nom de l’hygiène et de la circulation tout en revalorisant les monuments en les mettant en relation visuelle entre eux. Les travaux publics, l’urbanisation des terrains périphériques par le tracé de nouveaux réseaux, nouvelles artères dans les vieux quartiers, construction de grands édifices publics, aménagement de parcs publics (bois de Boulogne et bois de Vincennes) tels ont été les grands travaux haussmanniens.
Avec l’avènement de la révolution industrielle, s’amorce en Angleterre l’essor du capitalisme industriel et commercial. Pour abriter de nombreux exposants, dont la production allait du simple objet à la locomotive, de fragiles constructions en fer et en verre font leur apparition :

Les pavillons d’exposition universelle

Les grandes gares : Suite au développement des chemins de fer Deux architectures sont proposées pour leur réalisation : la façade style classique et la couverture du hall de gare est en métal et verre. Exemple de la gare du Nord à Paris de J.T. Hitortt (1862) avec une ornementation classique sur une structure métallique.
Cristal palace par Joseph PAXTON en 1851 à Londres est le premier exemple de préfabrication, présenté à l’exposition universelle de Londres dont l’édifice est constitué d’éléments standardisés.
Les halles de Baltard : Les halles centrales de Paris, édifice réalisé par Victor Baltard en 1853 avec une structure entièrement métallique (fer et verre).
La tour Eifel par Gustave EIFEL en 1889 à Paris (exposition universelle), en mesurant 300m de hauteur, elle resta 40 ans le plus haut édifice jamais édifié par l’homme.
Galerie des machines à Paris avec 117m de portée (démontée en 1910).
Les ponts, les halls de gare, les usines, les grands magasins et halls d’exposition, représentent, donc, l’architecture des ingénieurs. Toutefois, le fer et l’acier n’étaient pas considérés comme des matériaux « vrais », indignes de la création artistique, car on avait honte d’eux, il fallait les cacher en construisant, jusqu’à côté ou derrière, des façades historicistes. Pourtant on avait besoin de ces matériaux, sachant que la fonte est 4 fois plus résistante à la pression que la pierre et le fer forgé est 40 fois plus résistant à la torsion et à la traction, malléable il s’adapte à n’importe quelle forme et surtout bâtis dans des délais records grâce à la préfabrication. Cependant l’industrialisation et la standardisation de l’artisanat ont mit fin à l’originalité.
L’autre invention de cette période est le béton armé qui permet une structure homogène dite monolithique. La minceur et la légèreté du béton armé permit de superposer les étages sans renforcement des éléments porteurs et en augmentant la surface utile. Ce procédé a permit l’assaut du ciel avec les réalisations d’immeubles d’habitation et administratifs, notamment avec l’école de Chicago aux U.S.A.
ADLER et Luis SULLIVAN : « la forme résulte de la fonction » devint le principe directeur de l’architecture moderne. Les immeubles étaient organisés selon le modèle : base – fût – chapiteaux, auxquels correspondent : magasins (R.D.C) – appartements et bureaux (étages) – services techniques (toiture plate en encorbellement).
La crise de l’architecture au 19ème siècle est due au fait que l’ingénieur a prit la relève de l’architecte. Avec la galerie des machines et la Tour Eifel (exposition universelle de Paris de 1889), le fer a connu son apothéose architecturale. C’est un moment de l’histoire où les architectes vont avoir un complexe de leur formation d’artiste et où l’ingénieur apparaît comme l’homme de l’avenir. Face à cette situation, un renouveau architectural s’est imposé, et on assiste à la naissance d’un nouveau style.

Art nouveau et le mouvement moderne (le style international) de 1900 à 1945

Il s’est appelé Art nouveau en France et Belgique, « Modern style » en Angleterre, « Dugendstil » en Allemagne, « sécession viennoise » en Autriche, « Stile liberty » en Italie, et « Modernismo » en Espagne. Il ne concerne pas seulement l’architecture, il concerne tout l’environnement, les murs, les meubles, les verreries, la céramique (les services de tables) et les bijoux.
John RUSKIN et William MORRIS, designers, ils seront les pères du modern style.
Le premier va proposer sa passion naturaliste, anti-machiniste, le second fonda à
Londres en 1888, la société « Arts and Crafts » art et artisanat dont le but était de reproduire des mobiliers bourgeois à un prix abordable, à la disposition de tous.
Mais l’art nouveau reçoit son acte de naissance à Bruxelles en 1890 avec les conceptions décoratives de Victor HORTA (musée Horta à Bruxelles en 1899 qui était sa propre maison). Il laisse les poutres et les colonnes en fonte apparente avec des décors en fer forgé sur la rampe de l’escalier.
Paul HANKAR (1880) : Il mêlera à l’usage du fer un décor symboliste dessinant à la fois les meubles et le décor des maisons qu’il construit.
Henri VAN DE VELDE (1902), il abandonne le vocabulaire décoratif floral de Horta, il s’attache à faire ressortir les fonctions de la construction.
Hector GUIMARD (bouche de Métro en fonte, 1900). Lampadaires, bancs, mobilier urbain, panneaux publicitaires constituaient des réalisations où la structure fait partie de l’esthétique. Il emploi aussi bien la pierre de taille, la brique le fer en poutrelles apparente, la brique de verre, mais chaque élément est scrupuleusement étudié et dessiné en accord avec les possibilités du matériau. Les nouveaux matériaux devaient être traités et mis en valeur en fonction de leur nature.
Otto WAGNER n’avait-il pas déclaré « ce qui n’est pas utile ne peut pas être beau ».
Antonio GAUDI (1872) considérait le bâtiment comme une œuvre complète qu’il sculptait. Avec la Sagrada familia, église de Barcelone, il mêla le gothique aux éléments mauresques dans une architecture sculpture. Il affiche un penchant particulier pour une polychromie accusée. De même qu’il s’appuyait sur les contrastes des matériaux : le moellon, pierre de taille, brique, céramique et mosaïque.
Enfin, le Groupe de Glasgow fondé par C. R. MACKINTOSH (1896) qui réalise l’école des beaux arts de Glasgow dans laquelle il joua avec la pierre, le métal et le verre pour la répartition des volumes dans l’espace.
La révolution industrielle a donné naissance à la ville industrielle avec tous ses maux : pauvreté, insalubrité, maladies, manque de luminosité et d’aération.
Un mouvement de « retour à la nature » a été la première réaction à cette misère, ressentie par les classes ouvrières. L’étude de la nature permit de retrouver les formes végétales et fluides à travers des motifs comme les branchages, les cours d’eau, etc. En rappelant l’historicisme, l’art nouveau contenait déjà le besoin moderne d’associer, forme, matériau et fonction.
Le Werkbund en Allemagne auquel appartient Peter BEHRENS qui a donné naissance au courant progressiste dont les élèves sont LE CORBUSIER, MIES VAN DER ROHE, Walter CROPIUS, Adolf MEYER et Adolf LOOS (Autriche) sont les précurseurs du moderne qui qualifie l’ornementation de « crime ». Alors que le futurisme en Italie et le constructivisme en Russie avec la réalisation avantgardiste du « club des ouvriers » à Moscou en 1927, s’imprègnent du cubisme.
Le style international se confirme avec le rationalisme qui devient de rigueur en rejetant toute ornementation et objet historiciste.
Le Bauhaus, fondé à Weimar (Allemagne) en 1919 par Walter CROPUIS est une école d’architecture qui développe une vision sur l’architecture et l’art. La fusion entre ces deux derniers donne le Design qui est l’esthétique industrielle ou l’artisanat industrialisée. Seulement, elle s’est exilée aux USA où Cropius et Mies Van Der Rohe produisent une architecture fonctionnelle qui séduit le public américain en s’opposant à l’école de Chicago, qui produit des buildings hauts avec imitation du néo-classique ainsi que les églises gothiques étirées en hauteur.
Le transfert de Dessau à Chicago (à cause du nazisme) a permit le développement de l’école de Chicago (1952).
Après la première guerre mondiale, il fallait construire beaucoup et vite d’où la construction mécanisée : LE CORBUSIER et Ernest MAY optent pour les logements standardisés qui forment des cités entières. Des logements rationalisés à l’extrême et équipés d’une cuisine-labo pour permettre aux femmes de faire autre chose, ce que l’on a appelé « La machine à habiter ».
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LE CORBUSIER développe les principes de l’urbanisme moderne dans sa revue « Esprit nouveau » et dans son livre « Vers une architecture ». Il est aussi le fondateur en 1928 des congrès internationaux de l’architecture moderne (C.I.A.M) qui se sont tenus 11 fois jusqu’en 1959, et avaient pour objectif d’établir un programme d’action visant à tirer l’architecture de l’impasse académique. A chaque congrès un thème précis. Issue du CIAM de 1933, la charte d’Athènes lance les règles de l’urbanisme moderne qui favorise le zoning au lieu de la mixité des fonctions urbaines. La ville doit être le lieu pour habiter, travailler, circuler et se récréer, qui sont en fait les principes de la cité radieuse. Dans la logique des CIAM, l’homme marche (piétonne) dans un environnement sain (sans rompre avec la nature), le soleil pénètre dans son logis ; ce n’est pas la ville-campagne ni la ville-jardin, c’est la ville verte (ville radieuse). Abolir la rue-corridor, rendre l’espace fluide par la lumière, l’air et le soleil, sont donc les objectifs à atteindre grâce à l’habitat collectif. Les cinq principes de l’architecture moderne sont :
  • Construction sur pilotis
  • Plan libre
  • Façade libre
  • Toiture- terrasse (plate)
  • Fenêtres en longueur
LE CORBUSIER : l’unité d’habitation à Marseille (appartements en duplex) dans laquelle sont adoptés ses cinq principes, à savoir : les équipements sur la toiture (piscine, crèche…), la rue intérieure, l’immeuble sur pilotis, loggia et verdure.
Tout est dimensionné avec le MODULOR, qui est calculé à base du nombre d’or (taille moyenne 1,75m pour donner une hauteur de la pièce de 2,26m).
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Ce n’est qu’après 1945 que s’est fait le triomphe de l’architecture moderne. Mies Van Der Rohe aux U.S.A : avec la réalisation de grands buildings transparents.
Cependant, ce sont les pays en voie de développement qui donnèrent la chance au projet de la ville radieuse de LE CORBUSIER de se réaliser : Chandigarth en Inde en 1950.
Lucia COSTA et Oscar NIEMEYER (élèves de LE CORBUSIER) dotèrent le Brésil d’une nouvelle capitale, Brasilia en 1957 dont le plan est en forme d’avion (symbolisme). « Superbe mais stérile et froide », elle n’a jamais pu supplanter Rio de Janeiro avec son désordre et son animation.
Kenzo TANGE propose un projet de ville pour la baie de Tokyo, en 1960 (structuralisme) entièrement dans l’eau.
L’architecture organique, dite aussi achitecture-sculpture fût développée par F.L.WRIGHT en réalisant une série de « maisons dans la prairie », un modèle de l’habitat pavillonnaire ; maisons unifamiliales, qui ont définitivement abandonné la symétrie pour une composition plus libre et mouvementée ainsi que l’intégration au site (la destruction de la boite). F.L.Wright veut que sa maison sorte de la terre pour faire une unité avec celle-ci, horizontalement basse, elle est recouverte d’un toit débordant (console), ex : « maison sur la cascade » et « maison Robbie » (1909). De même que son projet « Broadacre City » qui consiste en une ville de tradition rurale dispersée dans la nature.
Aux U.S.A, après l’école de Chicago, on développa le style néo-classique dans la réalisation du Pentagone en 1942.

La construction sculpturale

Notre Dame du Haut Ronchamp par Le Corbusier en 1954.
Toutes ces réalisations ont été possibles grâce au béton précontraint. Lorsque on utilise le béton brute sur lequel on laisse des traces de décoffrage cela s’appelle le brutalisme.
L’opéra de Sydney (sous forme de coques de bateaux) de Jörn Utzon en 1957.
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Le Philharmonique de Berlin (sous forme de grande tente) de Hans Scharoun.
Le musée Guggenheim à New York en 1959 (sous forme de la tour de Babylone renversée) par F.L. Wright.
L’aérogare Kennedy à New York (sous forme d’oiseau) par Eero Saarinen en 1962.
Un contre- mouvement s’est crée pour défendre le retour au régionalisme : Alvar AALTO (suédois) : « il faut tenir compte de la psychologie pour humaniser l’architecture ».

L’architecture High tech ou technologique

L’édifice dérive des impératifs de la construction. Elle se développa en 1960:
Grand stade olympique, Munich, 1972, par Otto FREY.
Centre Pompidou (Beaubourg), Paris, 1977 par Renzo PIANO et Richard ROGERS.
Palais du travail, Turin, 1976, par Pierre Luigi NERVI (poteaux champignon).
Pyramide du Louvre, Paris.
La fin de l’architecture moderne est peut-être marquée par le dynamitage en 1972 des grands ensembles d’habitations dont les appartements ne pouvaient plus être ni loués ni rénovés.

Le post-moderne

Cela remonte aux années 60 où Robert VENTURI a fondé le post-moderne, qui est plus une tendance qu’un style : c’est le retour à l’éclectisme. Etant opposé à :
  • L’asymétrie (qui est déséquilibre)
  • Disparition des murs (transparence)
  • Architecture sans ornementation ou réduite au minimum.
Le post-moderne prône plutôt le retour à la symétrie classique et la façade percée de fenêtres petites.
Mies Van Der Rohe avait dit « Less is more » (moins est plus), cette idée est révolue. La nouvelle devise de Robert VENTURI est « Less is a bore » (moins est monotone).
Ricardo BOFILL fait un retour au néo-classique, en utilisant les éléments préfabriqués pour créer une monumentalité et intimidation. Des ordres et colonnes monstrueuses sur dix étages et des corniches gigantesques à Antigone (Montpellier) et « Les arcades du lac », 1975, (Paris) et « Arena » à Marne-la Vallée, (1984), où son intention était la création d’une version populaire de Versailles.
L’architecture postmoderne, à cheval, elle aussi, sur deux époques, celle de la résignation face au progrès et celle de l’avènement de l’informatique, use d’un langage formel moderne, tout en cherchant refuge dans la douceur du bon vieux romantisme.
Avec le post-moderne les ascenseurs high tech en verre côtoient une clôture en pierre de taille, ou bien l’entrée d’un tombeau égyptien dans accès à une salle d’exposition.
On peut dire, pour résumer, que la grande variété de couleurs, de formes et de matériaux utilisés est postmoderne. Toutefois, il est éphémère et il ne tarda pas à s’éclipser car ennuyeux comme un gadget d’une mode passagère.

LE DECONSTRUCTIVISME

Les années 90 vont donner naissance au déconstructivisme, courant fondé lors d’une exposition à New York en 1988 par Philip JOHNSON, dont la devise est «la forme naît dans l’imagination». C’est une architecture qui aime éveiller l’impression du provisoire et de bricolage et use des matériaux convenant aux intentions recherchées.

CONCLUSION

Comme nous venons de voir ensemble, vous remarquez que l’architecture, depuis le début de l’histoire et surtout, essentiellement, durant les temps modernes, fait un va-et –vient ; elle passe d’un style à un autre, d’une tendance à une autre, du moderne au postmoderne puis retourne au rationalisme. D’ailleurs certains critiques désignent l’évolution actuelle de « pluralisme moderne », terme indiquant que la construction a rejoint la musique populaire, ou les styles de coiffures, ou encore la mode vestimentaire, que l’on ne suit pas ou peu, chacun fait, en fin de compte, ce qu’il veut.
Avec la démographie galopante, pour laquelle il faut construire vite, rationnellement et dans le souci du respect de l’environnement, finalement, pour quelle architecture faudrait-il opter?

BIBLIOGRAPHIE

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  • VOILLET-LE-DUC, (1978) : L’architecture raisonnée, Hermann.
  • ZEVI, Bruno, (1959) : Apprendre à voir l’architecture, Paris.
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Cours 4. Concevoir un projet d'architecture - Initiation à la conception

14:33:00
Université Hadj Lakhder - Batna
Institut de génie civil, hydraulique et d'architecture
Département d'architecture
Master I
Semestre II
Module : La théorie du projet
Date: 19/05/2014

Concevoir un projet d'architecture

Initiation à la conception

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Assemblage des formes ou proncipes de composition:

L’espace ouvert devant toi n’a aucune autre mesure, aucune autre qualité, que celle à lui donner par la forme et le rythme de tes pas.
iPour aborder les principes d’organisations spatiales et pour parler de la forme de l’espace, nous prendrons la distinction « espace servant/espace servi », utilisée par LUIS KAHN.
L’organisation spatiale a une structure formes multiples additionnées ou mises en relation.
Cette addition obéit à des lois dites de « composition » ou « principe d’organisation formelle ».
L’objet architectural (habitation, équipement,…) est un ensemble d’espaces fonctionnels « servis », (chambres, bureaux,…) de tailles et de formes différentes, répondants à plusieurs critères définis par les exigences de la fonction et choisis par le concepteur (fig. A)
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Fig. A
Cet ensemble d’espaces se constitue en une forme globale ayant plusieurs critères, autres critères définis par les exigences de l’environnement de l’équipement et choisis par le concepteur (fig. B)
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Fig. B
Mais l’objet architectural n’est pas uniquement formé de cellules de pièces mais aussi d’un espace de mouvement (distribution, regroupement,…) l’espace essentiel à la composition spatiale et formelle du projet (fig. C)
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Fig. C
Nous nous limitons à en évoquer quelques principes de bases :
  • La composition en aire :
    • Modulaire ;
    • Tramée.
  • La composition centralisée ;
  • La composition linéaire ;
  • La composition radiale ;
  • La composition :
    • Organique.
    • Déformée.
  • La composition en plan libre ;
  • La composition en pente.

La composition en paln :

1. Systeme d'organisation spatiale en aire :

Le modulaire :
Ce système de composition spatiale, repose sur la répétition d’un module de base. Ce dernier est un dérivé de la trame, dont il ne respecte plus la grille. La somme des grilles peuvent constituer une trame, comme ils peuvent la nier. Ce système est utilisé pour la construction des œuvres dont une unité est répétée plusieurs fois. C’est le cas d’une école (les salles de cours), différentes administrations (bureaux), les hôtels (chambres),…
Le contenu du programme est le seul qui nous éclairera sur le choix du module « fonctionnel » ; le module architectural est laissé à l’initiative de l’architecte. Ex : une chambre d’hôtel.
Le programme est le même, le choix formel diffère.
Le module peut avoir plusieurs origines, trois d’entre eux demeurent essentiels :
- Le module est issu des dimensions humaines ;
- Le module est issu du mode constructifs et/ou du matériau de construction ;
- Le module est choisi par l’architecte pour un ordre esthétique, spirituel,…
Pour le projet de LUIS KAHN, d’Adler house, en 1955. Il a fait une combinaison spatiale de trois catégories (A, B, C) ordonnés suivant un schéma hiérarchisé. Dans ce projet de sept unités ou perçoit différents assemblages :
- Juxtaposition simple ;
- Juxtaposition avec glissement
- Superposition ;
- Eloignement.
Ex : les éléments qui constituent la maison à patio dans les villes arabo-musulmanes.
La trame :
Est l’outil le plus utilisé par l’étudiant des écoles d’architecture ( le papier millimétré, au lieu du Té et l’équerre). Bonne ou mauvaise méthode ou habitude peu importe ; elle est utile car c’est un support d’expression comme tout autre.
Bien que souvent le choix d’une trame demeure arbitraire, ses avantages sont multiples.
- Un moyen d’aider l’intuition dans la création des formes ;
- Un guide à la composition spatio-fonctionnelle ;
- Un guide à la composition structurelle ;
- Un repère pour l’échelle ;
La trame a été souvent utilisée pour des ensembles de grandes échelles comme en urbanisme en termes de damier ou de grilles. Villes coloniales, tracé de MILET, MANHATTAN,…
A l’aide de ces tracés une hiérarchie s’est apparue :
- Par une exception de dimension (élargissement des rues par rapport à d’autres).
- Soit par l’intervention des éléments réguliers (monuments..)
- Soit par une trame rectangulaire plutôt que carrée.
Deux systèmes de trames sont reconnues comme telles :
- La grille : c’est un réseau de lignes orthogonales et souvent une partition en modules carrées.
- La triangulation : c’est un réseau en un ensemble de triangles. L’organisation des formes utilise souvent l’oblique comme réfèrent et l’angle différent de l’angle droit. (Voir Fig.)

2. Systeme d'organisation spatiale lineaire :

L’organisation linéaire est certes la plus fréquente et la plus simple des compositions ; c’est une organisation qui perd la notion du centre et d’équidistance ; car elle est disposée le long d’un axe. Les espaces servis viennent se greffer à son mouvement. La rue est l’exemple de ce type d’organisation : simplicité dans la conception et d’une régularité disciplinée.
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Toute en offrant une grande liberté en façade (quand le sens porteur est perpendiculaire à la linéarité de distribution, on a des cellules modulaires).
EX: hôtels, pénitenciers, cités universitaires, bureaux administratifs …..
Tout en offrant une grande liberté aux espaces et à leurs transformations (quand le sens porteur est parallèle à la linéarité de la distribution).
Ex : pour des activités polyvalentes (exposition). L’organisation linéaire est additive, elle a un début et une fin. (Le mur renvoie, la porte s’ouvre).
La linéarité offre un mouvement entre deux droites parallèles ou avec de légères déformations pour mieux mettre en évidence la largeur, ou l’objet de face (frontal). Tête du mouvement ou extrémités de l’organisation linéaire sont des pôles exigeants.
La linéarité offre un mouvement entre deux droites parallèles ou avec de légères déformations pour mieux mettre en évidence la largeur, ou l’objet de face (frontal).
Tête du mouvement ou extrémités de l’organisation linéaire sont des pôles exigeants. Leurs affectations et importantes.
- du point de vue fonctionnel : fonction –mère/ fonction annexe
- accessibilité
- caractère formel
Dans le corps du mouvement on peut insérer n’importe quelle fonction même des activités qu’on voudrait cacher ou mettre en retrait. L’axe AA est une ligne de force d’où naissent tous les champs perceptifs. C’est un axe de « lecture ». Dans notre cas c’est aussi un axe de symétrie. Le noyau d’articulation n’organise pas la composition, les autres fragments d’espaces viennent s’associer librement à lui .Dans ce cas précis plusieurs sous-systèmes de compositions apparaissent .Recherche d’un équilibre, d’une unité, avec des éléments disparates.

3- L'organisation centralisée :

L’organisation centralisée , implique beaucoup plus le caractère spatial , formel et de mouvement que le contenu , c’est –à-dire le fonctionnel .Pour son coté formel cette organisation exige des volumes dominants tel que la sphère ( coupole, …) , cylindre , cône , cube , pyramide, les volumes pourvus ‘un axe de symétrie.
Dans plusieurs civilisations la symétrie a joué un grand rôle dans l’architecture sacrée, monumentale, … ; malgré que c’est une architecture fermée ou introvertie ; elle laisse échapper sa rigidité et sa symbolique. Cet élément de symétrie a aidé la concrétisation de l’organisation centrale.
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Fig.28 : Medresse de Rustam Pächa à Istamboul | Fig.29 :Hotel de ville de Saynatsalo d’Alvar AALTO-194
L’inscription de la cour Octogonale, des cellules carrées, le tout inscrit dans un carré. Les triangles, espaces résiduels sont en arrière plan.
Le vide (la cour) joue le rôle de central, malgré le changement des directions des formes et le changement des géométries.

L’organisation centralisée en salle :

Ce système s’applique à certain équipements qui exige un grand espace primaire.
C’est le cas des salles de cinémas. Les stades, les salles de gymnases, les pavillons d’exposition, les critiques, les mosquées, les piscines, (…), .La composition architecturale n’est plus dictée par le mouvement, ni par la forme mais plutôt c’est la fonction qui prime
Ex : Une piscine :
Espace primaire : Piscine
Espace secondaire : Douches et annexes.

4- L’organisation radiale :


  • O : Premier type d’espace
  • →Deuxième type d’espace
C’est une forme de combinaison entre la centralité et la linéarité .Le centre est l’origine du tout et où viennent des espaces greffés aux axes pour se rayonner Néanmoins il est important de signaler :
organisation-radial-smitlison-projet-golden-laire-londres-1951-1953.jpg
  • Les problèmes d’orientation
  • Des espaces souvent « résiduels » entre les ailes.
  • Orientation confuse : dans quelle aile on se trouve ?
  • Une composition qui reste isolée par rapport à son environnement .Aucune possibilité de raccordement.
  • Ce type de composition est admis par peu de programme .Nous pouvons noter à cet effet : des prisons, des hôpitaux, hébergement pour étudiants, …

5- L’organisation organique et l'organisation déformée :

Se sont des types d’organisation connus dans toutes les civilisations qu’elles soient dans l’architecture moderne ou vernaculaire.
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L’organisation organique :
Rassemble des volumes par la proximité. Elle était topologique et plus précisément de l’analysis situs. Elle suggère une opération additive , hasardeuse , circonstancielle . C’est une organisation régie par le besoin ou par la sensibilité loin de la notion de « composition ».
Plan d’une concession à ZARIA au NIGERIA.
Organisation progressive sans continuité. Les repères sont les limites et la forme de la propriété (clôture) et la morphologie du site. Orientation diverse, une organisation éparse sans repère apparent ; néanmoins deux (2) modules apparaissent, mais ce n’est pas un repère géométrique.
Une organisation introvertie (à l’intérieur de la propriété, car les modules sont indépendants les uns des autres et que l’espace extérieur n’est pas structuré). Les espaces sont d’ordres uniquement fonctionnels. Cette organisation est l’aboutissement du hasard et des circonstances.
Dans l’organique moderne, on n’a pas l’image de l’organisation vernaculaire ni même son état d’esprit. D’une part la composition est globale et non séquentielle dans le temps, d’autre part l’organisation n’est pas uniquement basée sur le besoin mais sur une recherche aussi formelle et spatiale .Les cellules sont organisées suivant un principe géométrique, seule l’enveloppe a un modelé organique. L’ensemble est souvent introverti et compact (et non épars).
F.L.Wright disait : une forme organique développe sa structure à partir du contexte , comme une plante dont la croissance est dictée par le sol et dans leur deux (2) cas la croissance part de l’intérieur. Pour le Corbusier : le plan procède du dedans au dehors : « l’extérieur est le résultat de l’intérieur » .Dans les années soixante et soixante-dix (1960-70), les architectes voulaient rompre avec « la machine à habiter », « la grande échelle « qui échappe à l’homme de la rue. Reproduire artificiellement le pittoresque, l’écologie dans une forme de sculpture plutôt qu’une architecture aidée par l’évolution technologique et la manifestation de nouveaux matériaux (Plastique, …) .Le hasard n’a plus de place mais la forme globale est plus basée sur la passion que sur la raison.
L’organisation déformée :
Cette organisation est une des vocations de l’architecture moderne. Elle est certes souvent émotionnelle et subjective mais chose certaine elle est géométrique.
Dans le premier schéma la forme globale est un polygone quelconque. Dans le second schéma on essaye de rechercher les tracés régulateurs ou les formes primaires. Dans le troisième schéma, présentation d’une décomposition grâce aux formes primaires. Le chiasme est en fait un résultat géométrique.
Deux grandes catégories de l’organisation déformée :
  • Celle qui est imposées :
    • Contradiction entre les données du programme: Calme /bruyant, Petites surfaces / grande surfaces, Fonctions-mères / activités annexes (…)
    • Contradiction entre le programme et le site. Forme de la parcelle (…) voir à ce propos l’étude d’un terrain ( chapitre concerné )
    • Rapport de la structure / forme / espace
  • Celle qui sont recherchées (ou volontaires) :
    • Déformation sur l’enveloppe extérieur, renforce le coté expressif et donne un caractère en plus à un formalisme prononcé.
    • Déformation sur l’enveloppe internes, renforce le coté des tensions, de la découverte, de la mise en scène, de la promenade architecturale .C’est l’art de l’architecture d’intérieur qui est rehaussé.
    • Déformation sur les deux enveloppes (internes et externes).

6- Organisation en plan libre :

Cette organisation n’est pas l’anarchie, sa technique de composition spatiale du XX Siècle, valorise les interpénétrations entre espace plutôt que leur juxtaposition ou l’alignement et l’empilage de cellules au XIX Siècle ou certaines constructives et organisation du plan ont rarement trahi leur alliance.
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THEO VAN DOESBURG dans son œuvre Komposition 13 et 14 respectivement en 1916 et 1917 utilise un ensemble de segment orthogonaux tantôt entrecroisés faisant naitre des angles et des parallèles ou des perpendiculaires ,dans le langage géométrique ce n’est qu’un labyrinthe .Dans le langage architectural la figure devient complexe une ébauche inachevée dans un espace fini composé d’air de stabilité et de fluidité. (Stables et fluides) ne peut être que dans une interpénétration d’espace et non une juxtaposition.
Dans Komposition 13 l’ensemble est défini dans une enveloppe carré, dans Komposition 12 l’ensemble est dépourvu d’enveloppe L’enveloppe n’est plus un générateur. (Ce qui était l’architecture du XIX Siècle face qui définit le style .On assiste à la mort su style pour laisser place au mouvement de la fonction. L’espace autonome fermés meurt tout s’entremêle, se hiérarchie sans ordre. Qu’importe l’ORDRE. Il y a de grands espaces et de petits espaces.
PIET MONDIEN : « composition N° 11 » 1929. Toute la pureté d’une composition néo plasticienne. Tout s’entremêle : Qui n’est qu’une recherche de continuité spatiale, de transition d’espace dans l’espace de volume dans un volume, la troisième dimension change d’espace à espace. Comment la géométrie métrique détermine et mesure les distances et les hauteurs. La genèse de la forme n’est plus que mouvement et fonction.

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