Cours théorie de projet: Signe, Perception, Image, Sensation, Inspiration, Représentation, Habitat, Habiter, Différence entre habitat et habiter - Archiguelma

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jeudi 10 mars 2016

Cours théorie de projet: Signe, Perception, Image, Sensation, Inspiration, Représentation, Habitat, Habiter, Différence entre habitat et habiter




 Signe 

Le signe met en place une dialectique de la présence/absence : quelque chose est là qui me renseigne quelque chose d’absent.

Charles S. Peirce considère qu’ « un signe est quelque chose qui tient lieu pour quelqu’un de quelque chose sous quelque rapport ou à quelque titre. » Cette définition inclut :

a) toutes les matérialités de signes : « Un signe est quelque chose »

b) une dynamique : « qui tient lieu pour quelqu’un de quelque chose », l’objet ou le référent

c) la relativité de l’interprétation (liberté du destinataire, contexte) : « sous quelque rapport ou à quelque titre»



 Perception 

Opération psychologique complexe par laquelle l'esprit, en organisant les données sensorielles, se forme une représentation des objets extérieurs et prend connaissance du réel.

Les distances entre les objets peuvent faire l'objet d'une perception. Il est possible de dire si tel objet est plus proche de nous que tel autre ou encore qu'un tel est plus grand qu'un autre.¨

La perception est sélective, et des communications en chaîne peuvent introduire des distorsions qui se cumulent les unes aux autres



 Image 

Ensemble des points où viennent converger (ou semblent venir converger), après passage dans un système optique, les rayons lumineux provenant des points d'un objet donné (d'apr. Uv.-Chapman 1956 et Sc. 1962).

En distangue 03 types de l’image :

Image réelle

Image virtuelle

Image au miroir



 Sensation 

Phénomène par lequel une stimulation physiologique (externe ou interne) provoque, chez un être vivant et conscient, une réaction spécifique produisant une perception; état provoqué par ce phénomène. Éprouver, produire une sensation; sensation agréable, désagréable, douloureuse, pénible; sensation indéfinissable, vague, vive. Les sensations proprement dites, c'est-à-dire (...) celles que recueillent les organes spéciaux des sens (Cournot, Fond. connaiss.1851, p. 23)


 Inspiration 

Étymologiquement, "inspiration" vient du latin in spiritum, qui signifie littéralement "avoir Dieu en soi".

Une inspiration est une idée qui vient du plus profond de nous. Mais parfois, quelqu'un ou quelque chose peut inspirer une nouvelle idée.

Enfin, on peut dire que l'on s'inspire de quelque chose d'existant pour ne pas dire que l'on a simplement copié une partie ou l'intégralité de l'œuvre. Toutefois, lorsque cette copie est personnalisée, il est difficile de savoir quand cela donne une nouvelle œuvre.







 Représentation 

Action de rendre quelque chose présent à quelqu'un en montrant, en faisant savoir.

Les différents modes de représentation de l’architecte

• Représentations graphiques (croquis, esquisse, schéma, avant-projet, projet d’exécution, dessin d’ensemble, dessin détails, le plan, la coupe, la façade, la section, la perspective, le plan de masse)

• Représentations non graphiques (la maquette, la maquette d’une ville, la maquette d’étude, maquette d’intérieur, maquette de structure, la photo)

• les modélisations informatiques (conception assisté par ordinateur CAO, dessin assisté par ordinateur DAO)

• le bâtiment en lui-même




 Habitat 

L'habitat est le mode d'occupation de l'espace par l'homme pour des fonctions de logement.

Mode de peuplement par l'homme des lieux où il vit. Habitat rural, urbain, groupé, dispersé. (Le petit Larousse)

Les types d’habitat en Algérie :

Concernant les types d'habitat en Algérie il existe plusieurs manière de les classés déjà on peut distinguer les grandes catégories:

Habitat individuel
Habitat collectif
Habitat semi collectif
Habitat traditionnel :
     1- Maison Chaoui « Tadarth »
     2- Maison Kabyle (Axxam)
     3- Maison du SOUF
     4- Maison du M’ZAB
     5- La maison médinoise habitat informel (illégal) : l’habitat précaire ou carrément les bidonvilles

Et si on parle des nouvelles formules on peut citer:

1- le logement social
2-le logement socio participatif (LSP) ce dernier est remplacé par le logement rural (dans les villages)
3-la location-vente (AADL, CNEP)
4-le logement promotionnel (avec ses deux types à savoir le promotionnel privé et étatique)

Maintenant selon l'historique, on trouve la maison arabo-musulmane (dans les médinas)

La colonisation remplacée par la maison coloniale (les immeubles de rapport) et les grands ensembles (l'immeuble type avec le plan standard) ce dernier est le type adapté dans notre pays depuis l'indépendance.



 Habiter 

A) Habiter / Mode de vie

Dans les années 60, deux sociologues, H. Raymond et H. Lefebvre vont montrer qu'il ne faut pas limiter habiter à se loger et ils vont donner la parole à des habitants dans l'habitat pavillonnaire.

Remarque : à cette époque, le logement perçu comme idéal est le pavillonnaire (alors que l'instrument de la politique du logement est le collectif). Leur hypothèse est que le pavillonnaire est un système de représentations (et non uniquement une forme d'habitat) relatives à la vie quotidienne, aux relations sociales, au mode de vie en général. Les éléments du pavillon sont associés par une liaison de type symbolique à des représentations, le tout fonctionnant en système.

L'habitat n'est pas seulement une forme, il est lié à un mode de vie ; ça engage l'individu à des niveaux différents (équipements, vies de relation, rapports conjugaux, vie sociale de l'individu...). L'individu n'est pas seulement résident d'un lieu, il est engagé dans ce lieu. D'autre part, il faut se demander comment il est arrivé là (son histoire personnelle).

L'habitat est étudié à partir de la vision qu'en ont les habitants. La méthode employée par les sociologues est alors celle de l'entretien non directif. Il s'agit de partir de la façon dont les habitants mettent en mots l'espace et les emboîtement d'échelles. Le pavillon inclut le quartier donc la ville. Il y a donc un emboîtement d'échelles cher aux géographes.

Il y a engagement d'un symbolisme associé à tel ou tel objet. Ici, l'objet est le pavillon, porteur de liberté, modernité...

B) Formes / Pratiques
On va s'appuyer ici sur les travaux de Michel de Certeau, L'invention du quotidien, 1974.

La notion de pratique induit l'idée qu'il faut explorer le quotidien sous son aspect d'invention. On pose le postulat d'une activité créatrice des pratiquants de l'ordinaire. Le positionnement est optimiste (ni consumérisme passif, ni exploitation marxiste) car il veut montrer comment notre activité n'est pas contrainte par des urbanistes, des politiques, mais par les individus qui sont créatifs. « L'usager parvient à se créer des lieux de replis, des itinéraires pour son usage ou son plaisir qui sont les marques qu'il a su [...] imposer à l'espace urbain ». Il y a donc une banalité quotidienne de ce processus. Ce qui est important, c'est la grammaire semi-savante de nos pratiques qui font nos territoires d'aujourd'hui.

Le legs de L'invention du quotidien c'est une nouvelle approche du quartier comme : – Une appropriation, une privatisation progressive de l'espace public. La frontière entre espace public et espace privé est fondamentale pour l'habiter. – L'espace d'un rapport à l'autre – Le lieu d'un passage par l'autre (ni anonyme, ni intime, reconnu par sa stabilité) La ville est poétisée par l'individu qui l'a refabriquée par son usage propre en déjouant les contraintes politiques, urbanistiques... Il y a une grande parenté avec les travaux d'Armand Frémont sur l'espace vécu.


 Différence entre habitat et habiter 

-Les deux termes ne prennent sens que dans la différence entre eux qui est la différence entre la pratique réelle (habiter) et ce qu’en dit l’urbanisme, ou ce qu’en font les architectes (habitat). Différences de différences sur différences, celles-ci sont mobilisées pour faire penser plus profondément ce que l’urbanisme fait à la ville. Habiter ne se résume pas à l’habitat, cela ne se résume pas à trouver des manières d’agencer les espaces. L’urbanisme qui produit des logements de masse a besoin de penser par fonctions : manger, dormir, travailler, avoir des loisirs, consommer, etc. C’est en inventant la banlieue qu’on invente l’habitat.

-Habiter, par contraste, c’est l’absolu, c’est ce qui échappe au découpage en fonctions, c’est ce qui ne pourra pas s’intellectualiser complètement, ce qui débordera toujours. Comme pour la ville, car « habiter » n’est jamais terminé, car c’est dans la différence des habiter que s’invente la vie, et donc parce que c’est un objet virtuel. Mais aussi parce qu’habiter, cela se fait en acte, et pas en pensée. La pensée de l’habiter ne peut résoudre la totalité de l’action, la densité du quotidien (bien qu’on puisse sans cesse en apprendre, et inventer).
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